Les recherches en sciences cognitives se sont très largement tournées ces dernières années vers la compréhension des mécanismes d’apprentissage. Elles sont alors entrées dans la classe, sous des formes diversifiées : tantôt de façon individuelle, tantôt de façon collective. Certains enseignants ont fait le choix, de façon « autonome », d’utiliser des outils trouvés principalement sur le net, ou dans des ouvrages de vulgarisation scientifique. D’autres enseignants ont pris conscience de l’importance des neurosciences lors de journées pédagogiques « one shot ». Moments intéressants comme moyen d’information, mais qui laisse difficilement le temps de construire une réflexion sur le sujet. D’autres encore, se sont formés par le moyen d’un D.U. ou d’une certification longue. Quelques établissements ont souhaité travailler avec un laboratoire pour mener une recherche collaborative. Collaboration intéressante pour réactualiser les recherches neuroscientifiques susceptibles de faire évoluer les pratiques des enseignants, et pour mutualiser les savoirs scientifiques et expérientiels.
Parmi cette grande diversité de niveaux de connaissances en neurosciences cognitives, le parcours de formation proposé fera le choix d’enseignants qui ont déjà été formés en neurosciences éducatives et qui s’interrogent sur la façon de traduire au mieux ce qu’ils ont acquis dans leur pratique pédagogique.
Afin de prendre en compte l’hétérogénéité des connaissances et de leurs mises en œuvre, la formation invitera les stagiaires, d’une part à faire le point sur les connaissances les plus récentes dans le domaine des sciences cognitives, d’autre part à échanger sur leurs expérimentations dans ce domaine.
Ensuite, la formation guidera les stagiaires afin qu’ils puissent intégrer ces connaissances dans leur pratique de façon méthodologique, collective et accompagnée sur un temps long, pour engager les transitions éducatives qui s’imposent. En effet, à partir du moment où le monde géopolitique et le monde du travail considèrent que nous sommes rentrés dans une ère marquée par la complexité, l’incertitude et l’ambiguïté, l’école se doit de penser des méthodes d’enseignement qui visent à développer chez les élèves les compétences nécessaires pour aborder les situations qui les attendent et aiguiser leur sens critique pour en faire des êtres libres et non assujettis à des paradigmes qui ont conduit le monde à une impasse climatique et environnementale.

Objectifs de la formation

  • Comprendre ce que l’on appelle la recherche translationnelle : démarche qui vise à évaluer ce qui marche dans la vie réelle à l’échelle d’une classe, d’une école, ou d’expériences de laboratoires basées sur des études observationnelles dans les classes.

  • Organiser hiérarchiquement les informations neuroscientifiques qui sont indispensables à l’évolution de l’apprentissage.
  • Entrer dans un projet d’intégration des neurosciences cognitives en classe qui invite à travailler en collaboration, et/ou en communauté d’apprentissage.

  • Transférer ces connaissances pour engager des actions professionnelles favorisant des pratiques liées à l’évolution de l’école.

Contenus et étapes

1ère partie : faire le point sur les connaissances neuroscientifique des participants, et régularisation.

  • Organisation d’un World café concernant les connaissances neuroscientifiques du groupe afin d’explorer collectivement différentes idées et solutions, enjeux et défis, face à l’introduction des neurosciences cognitives et apprentissages à l’école.
  • Construction par le groupe d’une problématique de travail pour intégrer les neurosciences cognitives dans la démarche d’apprentissage et d’enseignement, dans l’objectif de s’approprier la méthodologie de recherche-action dans la classe.

2ème partie : apports concernant les évolutions scientifiques (sujets phares) des trois dernières années indispensables à la compréhension du mécanisme des apprentissages.

  • Évolution des connaissances sur les modalités d’apprentissage de notre cerveau.
  • L’instinct de la conscience : différencier la conscience (concept non encore travaillé en éducation), de l’attention, du langage, de la perception et des émotions.
  • Approche neuroscientifique des émotions : biologie et adaptation culturelle des émotions à l’école.

3ème partie : de la théorie vers la pratique

  • Travail sur la modification des paradigmes d’apprentissage et d’enseignement liés aux concepts de conscience et de biologie des émotions.
  • Neurodidactique de la conscience et des émotions à l’école.
  • Neurodidactique transdisciplinaire des apprentissages cognitifs.

4ème partie : les neurosciences cognitives comme support des transitions éducatives

  • Définition du concept de transition éducative : passer d’une logique centrée sur l’acquisition de connaissances à une démarche qui tisse des liens entre cette acquisition et les processus cognitifs indispensables à cette acquisition. Cette démarche, proposée par l’UNESCO, soutient l’idée que les compétences scolaires du 21ème siècle ne concernent pas seulement celles requises pour l’acquisition des contenus des programmes scolaires, mais aussi celles des compétences cognitives propres à l’adaptation humaine concernant le futur. La connaissance et la maîtrise de ces processus ouvrent la voie à deux objectifs susceptibles de modifier en profondeur les pratiques professionnelles des enseignants et les conditions d’apprentissage des élèves.
  • En ce qui concerne les enseignants, il s’agit d’intégrer des connaissances en neurosciences cognitives qui leur permettront de concevoir des démarches :
    • qui prennent en compte les mécanismes physiologiques et psychologiques de l’apprentissage
    • qui favorisent le développement des fonctions cognitives (mémoire, attention, etc.) et par voie de conséquence facilitent l’acquisition des connaissances pour leurs élèves.
    • qui invitent à intégrer les compétences psychosociales aux programmes scolaires pour préparer les élèves au « vivre ensemble » dans un monde en pleine mutation .
  • En ce qui concerne les élèves, il s’agit de faire en sorte qu’ils s’approprient les stratégies d’apprentissage correspondant à leur développement cognitif, d’en prendre conscience par la métacognition et de maîtriser, par ailleurs, les facteurs qui perturbent les processus d’apprentissages (stress – débordement des émotions – fragilité de notre système attentionnel, etc.)

5ème partie : Ce que l’on appelle une action-recherche

  • Evolution du concept de recherche-coopérative (recherche translationnelle) à l’école en lien avec le conseil scientifique de l’Education Nationale. Méthodologie pratique de la recherche translationnelle.

6ème partie :

  • Travail et mise en projet d’une recherche collaborative.

Au cours des deux sessions de trois heures, les stagiaires présenteront l’évolution de leurs travaux. Ces temps de rencontre seront des temps d’analyse de pratiques, de régulation de la méthodologie, d’analyse des dispositifs et de leur évaluation.

Les stagiaires travailleront en collaboration, intra ou inter établissements. Ils auront la possibilité de solliciter le formateur en dehors de la formation en présentiel ou en distanciel, à raison de 2 x 1h.

Méthodes et démarches de formation

  • Bibliographie – Tableaux récapitulatifs

  • Sitographie – Articles scientifiques

Ressources proposées

  • Exposés théoriques et pratiques

  • Illustration par des exercices et de courtes vidéos

  • Travaux de groupe

  • Élaboration de projets

Èvaluation

Une fiche d’évaluation individuelle qui permettra à chaque participant de s’exprimer :

  • Sur sa satisfaction globale (organisation, contenus, animation, etc.)
  • Sur les acquis en termes de différenciation pédagogique.
  • Sur les réalisations qui auront pu être mises en œuvre.